24 février 2013 ~ 0 Commentaire

l’avenir de la démocratie en Tunisie

Il n’est peut-être pas légitime de signer cet article puisque l’auteur n’est autre que le regretté Hédi Nouira, qui avait affirmé, il y a trente-cinq ans, dans un colloque international organisé par Radio France, avec la participation de grands hommes d’Etat, que l’essence et la finalité de la société démocratique résident dans une participation consciente de l’individu au devenir de la communauté et que les conditions de liberté de jugement soient remplies.
En est-il réellement ainsi, ajoute l’ex-Premier ministre, dans les pays qui souffrent du sous-emploi, de l’ignorance, de la malnutrition et de la maladie ? Ne sont-ce pas là autant d’aliénations graves, qui accablent la majorité des citoyens et les rendent disponibles aux pressions de toute sorte et aux menées démagogiques, voire aventuristes ? Qu’en sera-t-il, alors, de ces conditions de l’exercice réel des droits démocratiques ? Sans négliger cet apprentissage par la plus large participation possible, ne serait-il pas nécessaire de commencer par une action soutenue de développement, de généraliser l’instruction et la formation, de prémunir contre la maladie, de créer le nombre d’emplois nécessaires et de fournir ainsi au plus grand nombre un revenu décent.
Il s’agit de rendre le citoyen conscient de ses obligations et libre de se déterminer en toute connaissance de cause. Autrement, la démocratie serait un pur formalisme. A ce constat, il est permis d’ajouter que le problème de l’avenir de la démocratie débouche sur le conditionnement du système politique par le niveau de développement socioéconomique.
Dans les pays développés, on est de plus en plus tenté de rapprocher la crise économique d’une crise de la démocratie.  L’excès de liberté a affaibli l’autorité de l’Etat et a rendu plus difficile la gouvernance du pays et le règlement de ses problèmes socioéconomiques. Cela s’applique, a fortiori, lorsqu’il s’agit d’un pays neuf, en mutation rapide, qui n’a pas encore assimilé les règles élémentaires de la production, et dont la jeunesse, nombreuse, instruite et sans emploi, a trop tendance à adopter une attitude revendicatrice et exigeante. Sous la pression de cette jeunesse impatiente, l’homme politique est appelé à résoudre tous les problèmes en même temps et sans grande latitude. Sa marge de manœuvre se trouve ainsi réduite.
Alors que ses structures sont encore jeunes et fragiles, l’Etat en développement se doit d’assumer un rôle fondamental : il lui incombe, à la fois, de consolider son pouvoir, de doter  le pays d’une administration efficace et de promouvoir le processus de développement dont il est le planificateur et le principal entrepreneur. Ainsi, le cadre étatique occidental, où se sont progressivement élaborées les règles du jeu démocratique, ne peut être systématiquement transposé dans un pays où les institutions sont encore fragiles.
Pour revenir aux conclusions du grand disparu, la solution résiderait dans le choix de conducteurs d’hommes qui sortent du commun et qui peuvent, par leur dimension exceptionnelle, résoudre des problèmes, tout en maintenant une ligne directrice qui est celle du développement de la société dont ils ont la charge.
Comment identifier alors ces leaders ? C’est aux électeurs de le faire. Mais sans expérience et sans savoir-faire, il n’est guère possible de gérer démocratiquement les affaires dans un régime politique. Encore faut-il que le peuple soit conscient de l’enjeu et de l’importance des défis.

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